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Revue de presse

jeudi 29 septembre 2011.

{{Partage des eaux du Nil : l'Egypte et l'Ethiopie pour un nouveau départ}}

(AFP) - L’Egypte et l’Ethiopie ont décidé d’ouvrir un nouveau chapitre dans leurs relations qui furent tendues sous le régime du président déchu égyptien Hosni Moubarak en raison de disputes sur le partage des eaux du Nil.

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi se trouvait au Caire pour sa première visite dans le pays depuis la chute du régime Moubarak, chassé du pouvoir en février par une révolte populaire.

M. Zenawi a remercié son homologue égyptien Essam Charaf « pour avoir aidé à l’ouverture d’un nouveau chapitre dans les relations » bilatérales.

« Nous sommes tous d’accord que le Nil est un pont et non une barrière », a dit M. Zenawi lors d’une conférence de presse. « A l’avenir, il y aura une nouvelle relation basée sur une stratégie gagnant-gagnant (...). Il n’y aura pas de marche arrière ».

En mai, M. Charaf avait effectué une visite à Addis Abeba consacrée à ce dossier. M. Zenawi, homme fort du pays, lui avait alors annoncé un gel de la ratification du nouveau traité sur le partage des eaux du Nil pour donner une chance aux nouvelles autorités égyptiennes de se joindre aux négociations.

L’Egypte conteste ce traité signé par l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, l’Ethiopie, le Kenya et le Burundi afin de permettre de développer des projets d’irrigation et des barrages hydroélectriques sans être tenus d’obtenir l’accord préalable du Caire.

Ce nouveau traité remet en cause un traité remontant à 1929, entre l’Egypte et le Royaume-Uni, alors puissance coloniale, et qui accorde près de 87% du débit du fleuve à l’Egypte et au Soudan.

L’Ethiopie a pris une position en pointe pour fédérer les pays de l’amont contre Le Caire, dans ce dossier que les Egyptiens disent vital pour leur avenir puisque le Nil constitue quasiment l’unique source en eau de leur territoire désertique.

Les pays africains de l’amont réclament de leur côté un partage plus équitable pour répondre à une demande croissante d’exploitation des ressources hydrauliques.

« Nous allons attendre que la nouvelle Egypte examine attentivement le traité et prenne une décision à ce sujet », a encore dit M. Zenawi.

{{L'Ethiopie veut devenir un exportateur majeur de sucre}}

(UNO) - Sugar Corp., le producteur de sucre détenu par l’Etat éthiopien, a commencé la construction de dix nouvelles unités de production sucrière pour un coût d’environ 80 milliards de birr (4,4 milliards d’euros). La compagnie invite les investissements internationaux car les firmes privées éthiopiennes « ne sont pas prêtes financièrement et techniquement à réaliser de telles initiatives », regrette Abay Tsehaye, le directeur général de Sugar Corp. Le projet concernera quatre régions, indique Yilma Tibebu, le porte-parole de la compagnie : Beles dans la province d’Amhara, Wolkait dans le Tigré, Kesem dans l’Afar et le Sud-Omo dans la Région des nations, nationalités et peuples du Sud.

En décembre 2010, le gouvernement a lancé un plan sur cinq ans avec pour ambition d’augmenter la croissance économique de 14,9 % par an en développant l’agriculture et en stimulant l’épargne pour financer les investissements. Le projet vise à céder 3,3 millions d’hectares de terres aux investisseurs d’ici à la mi-2015. Cinq autres millions d’hectares seront destinés à la production sucrière. « L’Ethiopie a un grand potentiel en terme de climat et de ressources hydriques, ce qui est très favorable pour la production sucrière », ainsi que des terres bon marché, souligne Abay Tsehaye.

En 2010, l’Ethiopie a importé 150 000 tonnes de sucre. Avec ce projet, le gouvernement vise à devenir autosuffisant d’ici à la fin 2013 et à multiplier par huit la production de sucre d’ici à la fin 2015. Avec une production de 2,3 millions de tonnes (Mt) à cette date, le pays espère en exporter 1,25 Mt. « Dans les quinze prochaines années, nous espérons devenir un des dix premiers exportateurs mondiaux », se félicite Abay Tsehaye.

Mais le projet ne fait pas l’unanimité. Dans le Sud-Omo, la construction de six unités de production est « un désastre » pour les dix-sept groupes ethniques qui vivent dans la région, accuse Peter Bosshard d’International Rivers, un groupe de défense basé aux Etats-Unis. « L’accaparement de la terre et de l’eau pour les plantations de canne à sucre sera une catastrophe écologique et apportera la faim pour 500 000 personnes. » Selon Abay Tsehaye, les champs seront irrigués par la rivière Omo, où une usine hydroélectrique est en cours de construction. Le nombre de personnes déplacées sera « très minime » et les unités de production construites dans « des zones arides ».

Le projet, dans lequel la coercition ne sera pas utilisée, vise à transformer les habitants du Sud-Omo « socialement, économiquement et culturellement ». Les personnes touchées seront indemnisées pour la perte de leurs revenus et recevront une quantité de terres au moins égale à leurs exploitations antérieures, souligne Abay Tsehaye. Les groupes de défenses « veulent que ces personnes restent aussi primitives qu’elles le sont aujourd’hui, aussi pauvres qu’aujourd’hui et aussi nues qu’aujourd’hui. Ainsi elles serviront d’échantillons pour la recherche et la collecte de fonds », accuse-t-il à son tour. Les communautés seront « beaucoup mieux », car elles bénéficieront de terres irriguées, des services sociaux, de l’appui d’experts agricoles et d’emplois, se flatte Abay Tsehaye.

{{Awash National Park : une conférence nationale pour sauver le plus ancien parc d'Ethiopie}}

(AGO) - Une conference nationale pour régler les problèmes rencontrés par le Parc National d’Awash (PNA) s’est tenue les 24 et 25 août 2011 dans la ville d’Adama (Nazret), à 90 km de la capitale éthiopienne Addis Abeba. Organisée par un groupe de travail cherchant à sauver le parc, cette conférence a réuni pas moins de 87 personnes dont des diplomates, des dirigeants d’ONG, des chercheurs, des représentants du gouvernement fédéral des régions Oromo et Afar et des représentants de districts et de localités.

En 1969, sous l’impulsion de l’Empereur Hailé Sélassie 1er, le PNA, d’une superficie de 756 km2, est devenu le premier parc naturel protégé d’Ethiopie. Mais depuis quarante ans, les ressources naturelles du parc, qui ont un impact local, régional et national non négligeable - faune et flore endémiques - ne cessent de décroitre, provoquant la disparition d’au moins quatre espèces dont l’éléphant, et une dégradation de l’habitat naturel de l’ensemble de la faune.

Au jour d’aujourd’hui, plus des deux tiers du parc sont temporairement ou constamment utilisés pour des activités pastorales défiant toute possibilité de conservation. Les principales raisons de cette dégradation sont : une quasi abscence de relations et d’échanges entre la direction du parc et les communautés voisines qui y font paître leurs troupeaux, un manque de connaissance de la part de ces communautés concernant la valeur économique d’un tel endroit, une gestion du parc insuffisante, une législation inadéquate et une implication insuffisante des différents actionnaires.

C’est pourquoi un groupe de travail composé de 11 institutions gouvernementales et non-gouvernementales a été créé en octobre 2010. Afin de trouver des solutions définitives à cette situation conflictuelle et problématique tant pour le parc que pour les alentours, ce groupe a initié une première rencontre, en décembre de la même année, au sein du PNA. Le but de ce débat était de trouver comment impliquer de façon collaborative l’ensemble des acteurs identifiés ou potentiels comme les communautés locales, les gouvernements locaux et fédéraux, les ONG, les investisseurs ou les donateurs. C’est à ce moment qu’a germée l’idée d’organiser une conférence nationale regroupant tous les acteurs concernés.

Ce qui fut dit fut fait puisque moins d’un an après, les 24 et 25 août 2011, la première conférence nationale pour la sauvegarde du parc a réuni pas moins de 87 participants dont : le gouvernement fédéral - les ministres de la Culture et du Tourisme, des Affaires Fédérales, le chef de la police fédérale, le Conservatoire éthiopien de la vie sauvage (EWCA), l’Institut pour la conservation de la biodiversité, la Haute Autorité pour la protection de l’environnement - des diplomates - le représentant de l’Union Européenne en Ethiopie.

On y trouve également le responsable de la section environnement de l’ambassade américaine - la région Oromo - le responsable de l’administration et de la sécurité, l’Agence des forêts et de la vie sauvage, l’Office de la Culture et du Tourisme, l’administration de la zone d’East Shoa, le responsable de la police et six représentants de districts - la région Afar - les représentants administratifs de la Zone 3, de la sécurité, de la localité de Fentalé, de l’office de la Culture, du Tourisme et de la Vie Pastorale, et trois représentants de districts - la direction du Parc National d’Awash - le directeur et le représentant de l’unité touristique et des guides.

S’y ajoutent des ONG qui sont directement concernées par la protection de l’environnement ou la vie sauvage - les représentants de l’alliance pour un tourisme contrôlé, des associations de l’hôtellerie et des tour opérator, le Centre Régional de l’Environnement de la Corne de l’Afrique, La Société Ethiopienne d’Histoire Naturelle et de la Vie Sauvage, le Consortium Ethiopien pour la population, la santé et l’environnement et l’Association pour un développement soutenu de la vie sauvage (WSD).

La conférence s’est ouverte par la présentation générale des deux journées et les allocutions du Dr. Yirmed DEMEKE, directeur exécutif de WSD et Secrétaire du groupe de travail, du Dr. Kifle ARGAW, Directeur général d’EWCA. Le ministre de la Culture et du Tourisme, M. Dawood MOHAMMED, et Xavier MARCHAL, Représentant de l’Union Européenne en Ethiopie se sont vus longuement applaudis après leurs discours sur l’importance d’un tel événement, la préservation du patrimoine naturel éthiopien et le soutien indefectible de l’UE pour atteindre ce but.

Cela n’a pas pour autant fait oublier aux participants l’importante masse de travail et la dure tâche à accomplir en deux jour pour solutionner les problèmes. Ils se sont donc divisés en cinq groupes afin d’établir un panaroma général avant de présenter à l’assistance leurs conclusions sur les différentes thématiques étudiées, telles que : les questions de préservation et de gestion du parc ; l’importance de la végétation du parc et ses perspectives d’adaptation face aux changements climatiques ; le conflit entre la vision des communautés et les actionnaires concernant l’évolution du parc ; la gestion collaborative de l’environnement et de la vie sauvage : « Quelles leçons tirer de l’exemple du Parc National des Montagnes du Simien ? » et le paradigme du changement des interventions concernant la protection et la conservation du parc.

Après les différentes présentations et des débats animés, l’ensemble des participants a pu identifier et comprendre que sept principaux facteurs sont à l’origine de la détérioration de la réserve. Ainsi, les principaux acteurs ont reconnu de façon unanime la part plus ou moins importante de leurs responsabilités concernant le manque d’intégration réciproque et de coopération entre le parc et les administrations locales environnantes ; de capacité concernant la gestion institutionnelle du parc ; d’alternatives concernant le mode de vie des communautés voisines ; d’engagement des autorités locales pour inscrire le développement du parc sur la liste des priorités ; de procédures légales et de compréhension concernant les dangers de l’expansion de fermes de grande taille et la propagation rapide d’espèces « étrangères » sur l’équilibre du parc ; d’utilisation planifiée et intégrée des terres ; et le manque de programme d’aide visant à changer la vision des communautés sur l’importance du parc au delà des paturages.

D’autre part, ils ont tous perçus l’importance de travailler de façon coordonée et en collaboration pour sauver le parc.

Finalement, l’assemblée a opté pour la création d’un comité par district et d’un autre national. Les comités de districts sont chargés de gérer l’exécution des actions au niveau local de façon la plus collaborative possible avec chaque niveau, communautés, quartiers, villes... et l’échelon national a pour tâche principal le conseil et le guidage concernant chaque acteur et les actions qui lui sont attitrées. L’ensemble des comités doivent être mis en place le plus tôt possible afin que l’aide gouvernementale puisse être débloquée et que la gestion collaborative du parc, principal remède, soit effective.

En guise de conclusion, après deux jours organisés de mains de maître, les participants ont décidé, en guise de remerciements, de reconduire le groupe de travail à l’origine de la conférence dans ses fonctions de médiation, de gestion de projet, de recherche de fonds, de plaidoyer et de coordination.

{{En Éthiopie, les terres se louent « à bas prix »}}

(OFR) - « Quel joli son ! » François Achour a le sourire aux lèvres. Les machines de son usine pourront bientôt presser, purifier et raffiner des milliers de litres d’huile d’arachide. à la clé : de substantiels bénéfices pour les dirigeants d’Acazis, une entreprise aux capitaux allemands, suisses et français.

À 200 km de Djibouti et 150 km de la Somalie, l’usine surplombe les 56 560 hectares qu’Acazis loue pour 49 ans au gouvernement. Une location « à bas prix », selon les termes du manager d’Acazis. Arrivée pour produire du biocarburant à base d’huile de ricin, la société a fini par opter pour la production d’huile à partir de cacahuètes, dans un pays qui importe 85 % de sa consommation. Le marché est énorme. À elle seule, l’usine d’Acazis peut produire plus que l’ensemble des huileries du pays. « On prévoit une croissance à trois chiffres », annonce François Achour. « En Ethiopie, on peut s’enrichir très vite. Ce pays a une croissance de plus de 10 % et va s’ouvrir grâce à des entreprises comme la nôtre. »

Choquant, dans un pays dont 4,6 millions de personnes ont officiellement besoin d’une aide alimentaire d’urgence ? Non estime François Achour : « Le deal est clair : l’Ethiopie a des terres et des travailleurs. Nous apportons des devises, de la technologie et du savoir-faire. Des entreprises étrangères comme la nôtre n’occupent que 3 % des terres arables. » Un chiffre plausible dans ce pays grand comme deux fois la France mais impossible à vérifier. Interrogé, le ministère de l’Agriculture n’a pas répondu.

Seule certitude, à Harar Harateria, où se croisent les villageois de la région chargés de leur récolte, personne ne se plaint. « Maintenant, nous avons l’électricité et la route sera bientôt construite. Sans l’usine, le gouvernement n’aurait jamais fait tout cela », explique un fonctionnaire. Entassées dans un minibus, des femmes se réjouissent des opportunités d’emplois. Mieux, la société, qui emploie 350 personnes, dont trois managers européens, prévoit de construire un hôpital et une caserne de pompiers.

Un projet soutenu par le gouvernement éthiopien. Soucieux d’industrialiser le pays, il accorde via les banques d’Etat, des prêts avantageux.

Même traitement de faveur pour le groupe indien Karuturi, un géant de la floriculture et de l’agriculture, à la tête de 300 000 hectares à la frontière avec le Soudan. Dans son bureau d’Addis-Abeba, le directeur exécutif, Birinder Singh, prend moins de pincettes que son homologue français : « Si l’Ethiopie veut acheter nos récoltes, tant mieux. Ça peut aussi intéresser le PAM (Programme alimentaire mondial), qui importe beaucoup pour l’aide alimentaire. »


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